logoQuels devraient être, selon vous, les grands principes à mettre en œuvre dans le cadre du rôle que l’Organisation internationale de la Francophonie vous semble devoir jouer en matière de dialogue interculturel et de coopération pour le développement?

 

Le monde a changé depuis la chute du mur de Berlin. La dynamique conflictuelle entre blocs antagonistes a fini par la victoire du camp occidental sur le front stalinien

Cette nouvelle donne de la politique internationale a eu pour conséquence principale la montée en puissance des nationalismes exacerbés et l’émergence d’une dialectique d’identification culturelle qui se fonde soit sur les ethnies, soit sur la religion. Car dans le même temps, l’économie mondiale est complètement bouleversée par les progrès dans les nouvelles sciences de la communication. Les délocalisations massives et la perte des certitudes locales elles aussi renforcent les sentiments divers de perte de cohésion. Dans cette nouvelle phase des relations internationales, la solidarité et la flexibilité devraient être les fondations de la politique internationale des états francophones.La solidarité devrait pouvoir se mesurer par non pas seulement la capacité des états à prendre des positions communes sur les grandes questions ou les dossiers brûlants de l’heure. Mais la solidarité devrait pouvoir se voir au travers d’un effort commun à promouvoir les changements structurels et stratégiques tant au plan de la politique que de l’économie. L’histoire de ces dernières quatre décennies a démontré que les groupes d’états peuvent fonder une dynamique de gagnant comme ce fut le cas dans l’espace de l’Asie du Sud-Est avec le japon comme force motrice. Tout comme le grand maître Edgar Morin le démontre dans son ouvrage encyclopédique « La Méthode », la solidarité devient ici une vision dynamique qui permet aux contraires de se compléter et non de s’écarteler, de progresser vers un niveau supérieur et non de se tirer vers le bas. Contrairement à ceux qui pensent que le colonialisme ou encore l’impérialisme français serait la cause du retard des nations africaines, nous avons développé depuis 1990 les vues que la force et la faiblesse de nos nations sont avant tout internes. C’est en nous focalisant sur nos faiblesses et en les redressant dans le sens de la positivité que nous seront à même de pouvoir faire face aux défis nouveaux de ce monde plus que jamais précaire. Loin d’être une contrainte pour la France, l’émergence et l’affirmation économique des états francophones sera la donne principale de la survie de la langue française. Mieux, cette nouvelle dynamique donnera plus de force à la Francophonie comme vision et comme réalisation. Le cas contraire n’est pas forcement faux. Cependant, la situation actuelle de nos états ne nous laisse pas d’autres options que de penser que nous sommes encore dans une phase descendante plutôt que le contraire.Au total, le monde change et les jeunes sont les vecteurs de ce changement. En ma qualité d’un des leaders de cette nouvelle jeunesse africaine, je pense que mon arrivée au sein de la haute sphère francophone devrait donner un sang nouveau et permettre aux anciens de mieux comprendre les attentes nouvelles pour pouvoir mettre en place des réponses appropriées. Ici plus qu’ailleurs, les contraires seront source de dynamisme et de progrès et non pas de chaos comme certains veulent le croire. Je crois fondamentalement que seul le travail paie. En nous mettant à faire ce que nous devons, nous serons à notre place, c’est-à-dire, parmi les nations fortes du 21ème siècle. Il y va de la survie de la langue mais aussi et surtout de l’existence de ces peuples qui croient en une vision commune. Le modèle anglo-saxon reste une menace qui risque d’effacer les autres modèles. Mais dans un monde qui ne compte que sur les nerfs du pouvoir économique, rester dans la queue est certainement le gage d’une disparition quasi-certaine. Je crois que la Francophonie doit devenir cet espace de progrès qui fait plus envie que pitié. Et c’est à cette tache que je suis persuadé je me suis  préparé depuis longtemps. 

 

Salutations militantes 

AMJ